Le secrétaire général du Hezbollah cheikh Naïm Qassem a assuré que les Etats-Unis sont le fléau du Liban. Dans un discours retransmis ce lundi par al-Manar lors d’une cérémonie pour rendre hommage au responsable du bureau médiatique du Hezbollah, le martyr Mohamad Afif, tué dans un raid israélien en novembre 2024, il a mis en garde les Libanais qui œuvrent pour imposer la tutelle des Etats-Unis sur le Liban, insistant que l’agression perpétrée par l’entité sioniste et leur parrain américain contre le Hezbollah affectera tous les Libanais.
« Tout le monde est confronté à cette agression. Elle n’épargne ni la FINUL, ni l’armée libanaise, et n’admet nullement, par principe, qu’il puisse y avoir une quelconque stabilité, ni au Sud-Liban ni dans tout le Liban. »
Evoquant les tractations qui ont eu lieu ces derniers temps avec les envoyés internationaux, ils rapportent que ces derniers sont persuadés « qu’Israël est un pays oppressif et que l’Amérique le soutient », mais ils demandent aux Libanais de capituler arguant qu’ils n’ont pas d’autres options.
« Si, nous avons une autre option. Le problème, c’est l’agression, pas la résistance. Le problème, c’est l’agression, pas les fondements de l’État libanais. Le problème, c’est l’agression, pas l’armée libanaise et ses performances. »
Il a proposé au gouvernement libanais de renoncer à la voie des concessions et de dire non aux américains car elles ne serviront à rien.
Selon lui, « les Etats-Unis ne sont pas un médiateur mais un agresseur » et sont « le fléau du Liban », rappelant qu’ils sont derrière « tous les malheurs dont souffrent le pays ».
Evoquant la question litigieuse du vote des expatriés, suscitée pour vaincre le duo Amal-Hezbollah lors des élections législatives prévues le mois de mai prochain, il a conseillé à ceux qui la soulèvent d’accepter la loi électorale actuelle, estimant qu’il n’est pas admissible que certains libanais vivant à l’étranger votent librement tandis que d’autres s’abstiennent de la faire par crainte d’être persécutés.
« Aujourd’hui, nous subissons de nombreuses pressions, mais elles ne l’emporteront pas sur notre détermination. Nous les endurons comme une phase transitoire, car si le mensonge a son heure de gloire, il ne l’emportera pas pour autant », a-t-il conclu à la fin de son discours
Idées principales du discours
L’agression continue pour contrôler le Liban
((Aujourd’hui, restons unis pour que les Israéliens se retirent de notre terre, que l’agression cesse et que les prisonniers soient libérés. Alors seulement nous pourrons parvenir à un accord.
Ce qui se passe aujourd’hui au Liban n’est pas un manquement à l’accord de cessez-le-feu, mais une agression flagrante et préventive visant à contrôler le Liban et à le dépouiller de toute sa puissance – militaire, économique et politique. Ils veulent contrôler le Liban.
Regardez ce qui s’est passé hier avec la FINUL. La FINUL a publié un communiqué indiquant qu’un mur construit par les Israéliens a franchi la Ligne bleue, rendant inaccessibles au peuple libanais plus de 4 000 mètres carrés de terres libanaises.
La FINUL a annoncé que ce sont les Israéliens qui ont tiré sur ses soldats, qui auraient pu être blessés, et qu’ils se trouvaient à quelques mètres seulement des tirs.
Cela signifie que tout le monde est confronté à cette agression. Elle n’épargne ni la FINUL, ni l’armée libanaise, et n’admet nullement, par principe, qu’il puisse y avoir une quelconque stabilité, ni au Sud-Liban ni dans tout le Liban.
Il (l’ennemi) veut s’emparer du pouvoir sous divers prétextes, et maintenant il s’en prend à tout le monde.
Cette attaque (israélienne) contre la FINUL, l’armée libanaise et des civils montre clairement que nous sommes confrontés à une grave agression aux conséquences considérables. Nous devons la contrer par tous les moyens diplomatiques et politiques et envisager tous les moyens permettant d’y mettre fin.
Il incombe au gouvernement de réfléchir à l’État et à ses institutions ; il est responsable de l’élaboration de programmes pour contrer cette agression afin que nous puissions lui faire face.
Envoyés internationaux : Israël est l’agresseur, capitulez
Lorsque les envoyés internationaux nous rencontrent, ils disent : « Vous avez raison, mais Israël est un pays oppressif et l’Amérique le soutient, vous n’avez donc pas d’autre choix que de vous y soumettre. » Que signifie si nous acquiesçons ? Devrait-elle signifier que nous devons capituler ? Pourquoi ? Israël a-t-il raison ? Ils répondent : « Non, c’est vous qui avez raison, ce sont eux les agresseurs. Mais que pouvons-nous faire ? Nous n’avons pas le choix. »
Si, nous avons une autre option. Le problème, c’est l’agression, pas la résistance. Le problème, c’est l’agression, pas les fondements de l’État libanais. Le problème, c’est l’agression, pas l’armée libanaise et ses performances.
Nous devons partir de ce principe et déterminer la marche à suivre. Quiconque affirme que la résistance pose problème parce qu’elle ne se rend pas accepte de facto l’abdication du pays à Israël.
Nous n’accepterons pas cela. Nous sommes des partenaires dans ce pays et nous avons notre mot à dire. Nous bénéficions du soutien d’une large partie du peuple libanais, des forces politiques libanaises, de nos alliés et même de l’État libanais lui-même.
Personne n’acceptera qu’Israël puisse s’immiscer à sa guise dans les affaires du Liban.
Le gouvernement doit cesser de faire des concessions
Je m’adresse au gouvernement : nous faisons partie de ce gouvernement et nous souhaitons qu’il réussisse à construire et à libérer le Liban. Le gouvernement se trompe lorsqu’il emprunte la voie des concessions pour mettre fin à l’agression. Vous avez épuisé votre chance ! Combien de fois avez-vous tenté des concessions et fait des offres unilatérales sans succès ?
La mise en œuvre de l’accord a été unilatérale et rigoureuse, ce qui se poursuit depuis un an, sans qu’Israël n’ait rien appliqué.
Le plan d’usage exclusif de la force que vous avez adopté au sein du gouvernement, et que vous avez modifié après avoir réalisé son danger, sa grave erreur et son caractère immoral, et malgré la déclaration de la résistance et du peuple libanais selon laquelle ils rejettent cette voie, n’a suscité aucune réaction de leur part.
Malgré toutes les concessions qui ont été consenties, Israël n’a mis en œuvre aucune mesure, les Américains n’ont donné aucune garantie et ils en demandent toujours plus.
Le déploiement qui a lieu au sud du fleuve Litani, malgré l’agression en cours, est une concession ; se déclarer prêt à négocier est une concession ; approuver les principes du « honteux » document de Tom Barrak est une concession.
Je nous conseille de vous arrêter, de dire non. Essayons de dire non en nous appuyant sur les droits du Liban, et restons unis, même si certains demeurent prisonniers d’un désir de contrôle et de soumission aux puissances étrangères.
Nous exigeons nos droits, notre terre, nos prisonniers, notre stabilité, notre économie et notre vie politique. Nous exigeons nos droits, et c’est notre droit, en tant qu’acteurs dans ce pays, de les obtenir ; c’est le droit de tout le peuple libanais. La tutelle exercée sur le Liban représente un danger très grave, car elle ne contribue pas à la stabilité du pays.
L’Amérique n’est pas un médiateur. L’Amérique est un agresseur et un soutien de l’agression israélienne. Elle dicte à Israël les limites de son agression afin de les aligner sur des manœuvres et des pressions politiques. Écoutez l’Israélien qui affirme avoir attaqué, bombardé et commis ses crimes après avoir coordonné avec les Américains.
Les Israéliens voudraient que l’Amérique porte les fruits de leurs attaques, et c’est pourquoi ils l’emploient dans le cadre du rôle américain.
Les USA sont le fléau du Liban
Ceux qui détruisent le Liban depuis 2019, ce sont les Américains. Les manifestations de 2019 exprimaient certes des souffrances populaires et soulevaient des problèmes complexes, mais elles ont aussi impliqué une ingérence étrangère américaine visant à semer la discorde et à modifier l’équilibre des pouvoirs au Liban.
La monnaie s’est effondrée à cause des États-Unis, les banques ont fait faillite à cause des États-Unis et l’économie a été mise à mal à cause des États-Unis.
Si vous voulez connaître les plus grands fléaux qui frappent le Liban, cherchez du côté des États-Unis. Les États-Unis sont le fléau, et c’est eux qui en sont responsables.
Aujourd’hui, si l’on devait nommer les piliers de la corruption financière d’hier et ceux qui la perpétuent aujourd’hui, on constaterait qu’il s’agit de pions aux mains des États-Unis, qui les financent, et leur rôle est notoire.
Les États-Unis ruinent la vie du peuple libanais.
Il y a quelques jours, une délégation du Trésor américain a été envoyée. Quel était son objectif ? Assommer financièrement le Hezbollah et, par conséquent, tout le peuple libanais. Cette délégation s’oppose à al-Qard al-Hassan, ce programme de prêts sans intérêt. Il faut savoir que ce programme est une institution sociale essentielle pour tous ; il est vital pour la société dans cette situation difficile, facilitant la vie des citoyens, des plus pauvres et des plus démunis. Nul n’a le droit d’empêcher les bonnes actions, l’entraide et la solidarité.
Nul ne doit se livrer à une nouvelle agression, ni servir d’instrument.
Je conseille au gouvernement, au gouverneur de la Banque centrale du Liban et à tous les concernés : cessez les mesures qui non seulement serrent l’étau autour du Hezbollah et ses partisans, mais aussi à l’ensemble du peuple libanais.
Si vous voulez connaître les plus grands fléaux du Liban, regardez du côté de l’Amérique. L’Amérique est le fléau, et c’est elle qui commet ces actes.
Ceux qui empoisonnent le pays échoueront
Le président de la République a annoncé qu’un groupe de Libanais répand son venin parmi le peuple libanais. Pas seulement du président a dit ceci, mais aussi de dirigeants politiques de différentes communautés. Cela signifie qu’il y a incitation à la haine, désinformation, tentative de semer la discorde et incitation à faire basculer le Liban sous la tutelle américaine, tant sur le plan intérieur qu’extérieur.
Nous sommes dans un pays où nous sommes unis par le même sort, et là où vous semez la destruction, la destruction frappera tout le monde, y compris vos propres enfants. Ne croyez pas que vous ne faites de mal qu’à nous ; vous vous faites du mal à vous-mêmes, à votre environnement et, avant tout, à vos enfants.
Ceux qui complotent pour empoisonner le pays ne l’emporteront pas, car ils sont démasqués. L’ennemi se réjouit de leurs noms et de leurs paroles, et se délecte de leur exploitation.
Mais sachez ceci : s’ils persistent de la sorte ils finiront comme les agents de Lahed. Lahed a finalement été vaincue et chassée, car seule la vérité subsiste, et seuls les propriétaires légitimes de la terre la recouvreront.
Acceptez l’actuelle loi électorale
Cessez d’entraver le Parlement, car rien ne justifie cette obstruction. Les charges menées contre le président Berri sont odieuses et n’ont d’autre justification que de faciliter la confiscation du pouvoir par le biais d’une tutelle étrangère.
Aujourd’hui, le président Berri est un pilier de stabilité au Liban. Il prévient les conflits et œuvre à la construction d’un État indépendant et libre. Il y a une loi électorale respectez-la. Vous souhaitez que les expatriés votent au Liban. Cela signifie que vous vous efforcez d’offrir davantage d’opportunités à une partie des Libanais qui vivent à l’étranger, tandis que les autres Libanais ne pourront voter librement.
Nous ne pouvons mener de mouvement politique, ni contraindre les gens de se rendre aux urnes alors qu’ils ont peur pour leurs intérêts. Certains de ces pays étrangers nous sont hostiles et persécuteront ceux qui travaillent sur leur territoire. Où sont donc la justice et l’égalité lorsqu’il s’agit de donner à chacun la possibilité de participer pleinement aux élections ?
Il n’y a pas de justice dans tout cela. Vous refusez ainsi que la justice soit établie. Pourquoi ? Parce que vous pensez pouvoir gagner.
Il ne s’agit ni d’une gestion conjointe, ni d’une coopération entre nous. Quoi qu’il en soit, cette loi électorale doit être appliquée.
Nous refusons d’être des esclaves
Le peuple de cette terre restera, et ceux qui font preuve d’honneur, de dignité, de fierté, de résistance et d’indépendance l’emporteront.
Le peuple de cette terre consent des sacrifices, et récolte les fruits de la liberté, les fruits du sang de ses fils et de sa patience.
Aujourd’hui, nous subissons de nombreuses pressions, mais elles ne l’emporteront pas sur notre détermination. Nous les endurons comme une phase transitoire, car si le mensonge a son heure de gloire, il ne l’emportera pas pour autant.
Nous refusons d’être les esclaves de quiconque et nous croyons que nous vivons une époque de détermination et de construction de l’avenir. La force de notre peuple et de notre société est sans précédent, et nos ennemis en sont déconcertés. Ils cherchent à saper la détermination du peuple, mais le peuple est plus fort, et cette force est invincible. La résistance et ses alliés, qu’ils soient issus des partis politiques, de l’armée ou tous ceux qui aspirent à libérer le pays et à obtenir son indépendance, en sont capables, si Dieu le veut. Ils seront invincibles. ))
Israël tue les journalistes qui disent la vérité
Au début de son discours, il a salué le courage de Mohamad Afif et son action pendant son parcours en tant que directeur du bureau médiatique du Hezbollah qui « pendant 10 ans a travaillé sous la supervision du Maitre des martyrs de la oumma sayed Hassan Nasrallah ».
« Hajj Mohamad Afif a marqué de son empreinte la stratégie médiatique du Hezbollah. Après le martyre du Maître des Martyrs de la oumma, il a suggéré la tenue de plusieurs conférences de presse afin d’apporter des éclaircissements sur les points que la seule déclaration du Secrétaire général ne permettait pas d’aborder de manière satisfaisante. »
Ces conférences de presse avaient été organisées pendant la guerre de 66 jours en octobre et novembre 2024, dans les quartiers de la banlieue-sud de Beyrouth qui faisaient l’objet de raids aériens intermittents.
« Ces conférences de haut niveau ont permis de combler d’importantes lacunes, et nous avons toujours coordonné ensemble pour transmettre les messages que nous souhaitions adresser à nos partisans comme à nos adversaires ».
Cheikh Qassem rapporte que Afif était de ceux qui pensaient que les médias mensongers ne peuvent ouvrir la voie à l’avenir et que les médias perfides ne peuvent bâtir des fondations solides.
« Il était de ceux qui pensaient que les médias véridiques offrent à la société, aux responsables politiques et à l’espace public une voie précise pour leurs choix. Il appartenait au courant des médias véridiques, qui reconnaît le droit de chacun à la vérité.
Et de poursuivre : « Nous devons renforcer notre espace médiatique en surveillant ce qui est diffusé. Quoi de plus clair que le droit de résistance pour se défendre contre l’agression israélienne contre le Liban ? Quoi de plus clair que ces massacres perpétrés par l’agression, que ce soit au Liban ou en Palestine ? Quoi de plus clair que lorsque l’agression tue des civils ou des journalistes ?
Hajj Mohamad Afif, grâce à ses nombreux contacts, s’est efforcé de mettre en lumière ces images, de les relayer et de leur rendre justice. Ils l’ont tué parce qu’il a réussi à promouvoir le discours et l’idéologie de la résistance que souhaitait le Hezbollah, qui est une expression de la réalité de la résistance islamique et de ses partisans.
Cheikh Qassem a conclu cette première partie de son discours en assurant que « l’ennemi assassine les journalistes car ils ont un impact réel en mettant en lumière la vérité sur la guerre, en présentant les faits et les réalités, et en confrontant les médias des tyrans et des criminels.
« Il ne faut pas sous-estimer les résultats obtenus par les médias de la résistance et ceux qui la soutiennent, sinon ils n’auraient pas été pris pour cible. De plus, l’image de la résistance sur la scène internationale est très positive. »
Source: Al-Manar






