L’Arabie saoudite, principal soutien à l’Alliance tribale de Hadramaout (ATH), a mené vendredi des frappes aériennes dans l’est du Yémen contre des positions des séparatistes yéménites du Conseil de transition du Sud (STC) soutenu par les Emirats arabes unis.
Selon une chaîne TV proche du mouvement, aucune victime n’a été signalée à ce stade. Ces frappes interviennent au lendemain d’un appel de Ryad demandant aux séparatistes de restituer à Aden des territoires récemment conquis dans l’est du pays.
« L’armée de l’air saoudienne a bombardé des positions des forces d’élite hadramites à Wadi Nahb, dans la province de Hadramaout », a indiqué la « chaîne indépendante d’Aden » dans un message publié sur les réseaux sociaux.
Les séparatistes ont de leur côté fait état auprès de l’AFP de deux frappes dans la région, après avoir initialement parlé de trois. Les autorités saoudiennes n’ont pas confirmé l’attaque dans l’immédiat, selon l’AFP.
Ils ont toutefois prévenu que les frappes les visant, ne les détourneraient pas de leur but de « restaurer les droits » des populations du Sud. Ils se sont cependant déclarés dans un communiqué « ouverts à des arrangements » pour la sécurité dans le sud du pays, qui devraient « répondre aux aspirations de notre peuple et aux intérêts de nos frères du royaume » saoudien, ont-ils dit.
Début décembre, le STC qui siégeait au sein du gouvernement d’Aden aux côtés de l’ATH, a pris le contrôle de vastes territoires jusque-là aux mains de troupes de cette dernière. Il dit désormais contrôler la totalité des zones de l’ancien Yémen du Sud, qui a été un Etat indépendant de 1967 à 1990.
Le Yémen était déjà divisé entre le mouvement Ansarullah qui s’est emparé de la capitale Sanaa en 2014 puis d’une grande partie du nord du pays, et d’autre part l’Alliance tribale de Hadramaout et le Conseil de transition du Sud qui rassemblent des forces hétéroclites.
Le STC a dit avoir pris les provinces de Mahra et Hadramaout, dans l’est du pays, pour déloger un chef tribal et des forces présentées comme affiliées aux Frères musulmans, arguant vouloir lutter contre la contrebande profitant selon lui à Sanaa et à des groupes terroristes.
Dans la foulée, plusieurs combattants ont été tués et blessés lors d’affrontements entre le STC et des combattants de l’ATH dans les districts de Ghayl Ben Yamine et d’Ash-Shihr, dans le Hadramaout, à l’est du Yémen.
Les forces d’élite hadramites du STC ont déclaré que leurs troupes ont été victimes d’une embuscade tendue par des combattants de l’ATH dans la région d’Ays Khurd, district d’Ash-Shihr, dans le Hadramaout. Elles ont juré de lui infliger « une riposte dévastatrice ».
Des médias qui lui sont affiliés ont rapporté la reddition de membres des forces de l’ATH lors des affrontements.
À la mi-décembre, le STC a annoncé le lancement d’une opération militaire à Abyan, dans le sud du Yémen, baptisée « Opération Action décisive », afin de mener à bien l’opération « Flèches de l’Est ».
Plus tôt dans le mois, il s’était emparé du camp de la 21e brigade mécanisée et du terminal pétrolier d’al-Uqlah, dans le gouvernorat de Shabwa, quelques jours seulement après avoir pris le contrôle du gouvernorat du Hadramaout, frontalier de l’Arabie saoudite, et du gouvernorat d’Al-Mahra, frontalier d’Oman, dans l’extrême est du Yémen.
Depuis 2015, les Émirats arabes unis et leurs alliés contrôlent la zone de Balhaf et le port de Shabwa, unique terminal d’exportation de gaz du Yémen. De ce fait, les exportations de gaz yéménites sont à l’arrêt. Ce terminal devait générer 4 milliards de dollars par an pour le Trésor yéménite. En dix ans, le Yémen a perdu environ 40 milliards de dollars en raison de l’arrêt des exportations de gaz.
Après les frappes saoudiennes contre les forces qu’ils soutiennent, les des Émirats arabes unis ont déclaré via leur ministère des Affaires étrangères qu’ils saluent les efforts déployés par l’Arabie saoudite pour soutenir la sécurité et la stabilité au Yémen.
Même position de la part du Sultanat d’Oman dont le ministère des AE a indiqué qu’il « apprécie les efforts déployés par l’Arabie saoudite avec les parties concernées pour parvenir à des solutions pacifiques afin de régler la situation dans les deux gouvernorats » de Mahra et Hadramaout.
Source: Divers



