Le Liban a entamé l’année 2025 après la fin d’une agression israélienne qui, bien qu’ayant échoué à atteindre ses objectifs déclarés, a laissé derrière elle des destructions considérables, notamment dans le sud du pays.
Avec la cessation des opérations militaires le 27 novembre 2024, un nouveau paysage a commencé à se dessiner, marqué par la fermeté de la résistance et de la population face aux agressions israéliennes, dans l’attente que l’État libanais assume ses responsabilités, au premier rang desquelles figure le droit de protéger ses citoyens contre l’agression israélienne persistante.

Retour massif des habitants au sud-Liban

Dans les premières heures qui ont suivi la fin de l’agression israélienne, le sud du Liban a connu un retour rapide et massif de ses habitants dans leurs villages et leurs villes.
Cette scène a clairement démontré l’échec de la politique de déplacement forcé et la tentative de briser la volonté et l’esprit de résistance, contrecarrant ainsi l’un des principaux objectifs de l’agression sioniste.
La population n’a pas attendu de plans gouvernementaux ni de promesses d’indemnisation ou de reconstruction. Au lieu de cela, ils sont retournés dans leurs foyers partiellement ou totalement détruits, affirmant qu’il n’y aurait ni recul ni concession, pas même d’un grain de sable, sur cette terre arrosée du sang des martyrs.
À l’inverse, la machine de mort israélienne n’a pas cessé ses agressions. Avec le feu vert des États-Unis, l’ennemi a renié ses engagements pris dans la déclaration de cessez-le-feu avec le Liban. Il a poursuivi ses agressions et ses violations contre les villages frontaliers du sud, la vallée de la Bekaa, voire la banlieue sud de Beyrouth. Cela a confirmé que l’agression n’était pas véritablement terminée, mais qu’elle était entrée dans une autre phase, caractérisée par une tentative d’atteindre ce que la guerre à grande échelle n’avait pas réussi à accomplir.
Cette situation est survenue après que les faits ont démontré que l’agression n’avait pas atteint ses objectifs principaux : la Résistance n’a pas été brisée, aucune nouvelle réalité sécuritaire n’a été imposée et aucune composante fondamentale (la communauté chiite) de l’équation libanaise n’a été exclu, contrairement à ce qu’avait déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
Engagement de la Résistance envers le cessez-le-feu

La Résistance a prouvé sa franchise dans les circonstances les plus difficiles et a respecté les engagements pris par le Liban au sud du Litani, dans le cadre des accords existants, tandis que l’ennemi continuait de les violer.
Cette situation a placé l’État libanais, et par extension les pays membres du comité de cessez-le-feu, face à une responsabilité accrue.
L’État est responsable de son peuple, tandis que les pays parrains (États-Unis, France et FINUL) ont pour mission de faire pression sur l’ennemi afin qu’il cesse ses agressions et respecte les termes de l’accord.
Élection du président Joseph Aoun

Sur le plan politique, l’élection de Joseph Aoun à la présidence de la République libanaise a marqué un tournant. Elle est le fruit d’un subtil équilibre interne dans lequel le ‘tandem national’ (Hezbollah-Amal) a joué un rôle déterminant, reflétant une réalité politique incontournable, malgré la campagne acharnée menée pour marginaliser cette composante libanaise essentielle, forte de son importante représentation populaire.
Le succès de ce processus confirme l’échec de toute tentative, interne ou externe, d’exclure une composante entière, d’autant plus qu’il s’agit d’une communauté qui a tant œuvré pour la protection du Liban et de sa souveraineté. Ce pays est gouverné par des réalités qu’on ne peut nier ni ignorer au nom de slogans ou de projets suspects ou hostiles.
Formation du gouvernement de Nawaf Salam

Suite à l’élection présidentielle, un gouvernement a été formé, avec Nawaf Salam à sa tête. Ce gouvernement a vu la participation manifeste de plusieurs factions politiques importantes, notamment le tandem Hezbollah-Amal, confirmant ainsi son influence malgré les tentatives de remodeler le paysage politique après l’agression israélienne et de tirer des conclusions erronées sur la réalité libanaise.
Cela ne nous dispense pas de soulever de nombreuses questions quant à la conduite du gouvernement et des autorités en général envers plusieurs points: Absence de pressions pour stopper l’agression, relancer la reconstruction et accélérer la libération des prisonniers. En plus de la prise des positions et le don des services gratuits à l’occupant : à savoir la decision du monopole des armes.
S’ajoute à tout cela, la piètre performance de certains ministres qui s’exprimaient au nom de leurs partis isolationnistes plutôt que de faire preuve de la solidarité gouvernementale nécessaire, reflétant les intérêts du Liban.
Funérailles historiques de Sayed Nasrallah

Au milieu de tous ces événements délicats et successifs, les funérailles du maitre des martyrs de l’Oumma, Sayed Hassan Nasrallah et de son compagnon Sayed Hachem Safieddine, ont marqué un tournant dans l’histoire du Liban, notamment au sein de l’environnement de la Résistance.
Les sympathisants de la Résistance ont démontré au monde entier leur capacité à surmonter les épreuves de l’agression et à poursuivre le chemin tracé par le leader exceptionnel de l’histoire du Hezbollah, sous l’égide de Son Éminence, le Secrétaire général, Cheikh Naïm Qassem.
La mobilisation massive, conjuguée à une organisation exemplaire et une planification méticuleuse, a mis en évidence l’importance du soutien populaire et la capacité à gérer et organiser un événement exceptionnel de cette ampleur à un moment particulièrement délicat au niveau régional.
Les funérailles n’étaient pas un simple adieu, mais un renouvellement de l’engagement, porteur de multiples significations.
Ceci s’ajoute à la participation exceptionnelle et au succès obtenu dans la consolidation de la forte représentation populaire du tandem Hezbollah-Amal lors des élections municipales.
Opinion de l’expert Talal Atrissi

À ce sujet, le Dr Talal Atrissi, expert en affaires stratégiques, a déclaré au site d’Al-Manar TV : « Il est devenu évident en quelques semaines que tout ce qui se disait sur la fin du mouvement de Résistance, la désintégration de sa base de soutien et son effondrement après l’assassinat de Sayed Nasrallah était infondé. Cela a commencé avec les funérailles de Sayed Nasrallah, s’est poursuivi avec la grande célébration des scouts de l’Imam Mahdi et la reprise des activités sociales, médiatiques, sanitaires et éducatives. En plus de la position claire et explicite du secrétaire général du Hezbollah, cheikh Naïm Qassem, sur le refus de rendre les armes de la Résistance ».
Et de renchérir: « Ainsi, l’année a commencé avec des ambitions et des espoirs (dans le camp adverse), et s’est terminé par l’échec de ces ambitions et la déception des forces politiques qui ont misé sur la réalisation de progrès majeurs et la modification des équations internes au Liban ».
Le monopole d’Etat sur les armes
Concernant le monopole d’État sur les armes, M. Atrissi a déclaré : « Il est devenu évident que l’orientation politique du gouvernement libanais, et en particulier celle de son Premier ministre, est largement dictée par les exigences américaines et israéliennes. Le gouvernement a pris la décision de monopoliser les armes, une décision accompagnée d’une campagne médiatique prétendant que les armes de la Résistance n’avaient servi à rien. »
Il a expliqué que « ce comportement démontre le déni délibéré du gouvernement quant aux succès des armes de la Résistance pendant plus de trente à quarante ans.
Il a dans ce contexte rappelé « la libération du Sud en 2000 ou l’établissement de la dissuasion avec l’occupant israélien pendant 17 ans ».
« La décision du gouvernement n’est autre qu’une réponse directe aux pressions américaines », a souligné M.Atrissi.
Et de noter : « On s’attendait à ce que cette décision porte ses fruits en quelques mois, mais la réalité a révélé une plus grande complexité, et que l’armée libanaise ne peut à elle seule accomplir cette tâche. »
« Les faits ont démontré que le Liban repose sur un équilibre délicat entre les communautés, et que personne ne peut se permettre de le rompre en éliminant, en affaiblissant ou en déplaçant une quelconque communauté, en particulier les chiites, qui ont prouvé leur capacité à influencer le processus politique, notamment en surmontant la crise constitutionnelle et en élisant le président, malgré les allégations de certaines forces d’opposition selon lesquelles un président pouvait être élu sans la participation des chiites. »
Il a ajouté : « Ces forces ont compris que les chiites et l’environnement de la Résistance, y compris la Résistance elle-même, constituent une force solide et cohérente, malgré les profondes blessures qu’ils ont subies. Ils font partie intégrante de l’équation politique libanaise, participant activement aux sessions parlementaires, à l’élaboration des décisions législatives et électorales, et défendant les intérêts des citoyens. »
La Reconstruction

Concernant la reconstruction, une carence manifeste est apparue du côté des autorités et du gouvernement, que ce soit en matière de planification, de financement ou de coordination. Cela a entravé le lancement du processus d’indemnisation et de reconstruction, laissant une fois de plus les populations du Sud confrontées à leur sort, comme lors de précédentes crises historiques.
Service gratuit à ‘Israël’
Avant la fin de 2025, la question des négociations avec l’ennemi israélien a été élargie par la nomination d’une personnalité civile, Simon Karam, à la tête de la délégation libanaise au sein du comité du « Mécanisme ». Cette décision a été perçue comme un service gratuit rendu à l’ennemi, le Liban n’en tirant aucun avantage. Elle violait les principes fondamentaux de la négociation et semblait se soumettre aux pressions américaines, lesquelles reflétaient les désirs et les intérêts de l’ennemi israélien.
Deux courants au Liban
Ici aussi, M. Atrissi a affirmé : « Alors que l’année touche à sa fin, les tendances politiques au Liban restent inchangées. On peut résumer la situation en deux courants principaux : le premier est représenté par ceux qui occupent des postes à responsabilité, comme le Premier ministre, très sensible aux pressions et aux exigences américaines, et qui parle ouvertement de normalisation et de paix avec Israël, même si les Israéliens eux-mêmes ne sont pas enthousiastes à l’idée de répondre à de telles déclarations… Le second courant est représenté par le mouvement de résistance, qui a progressivement défini sa position au cours de l’année écoulée, en commençant par déclarer son rejet de toute restriction forcée sur les armes et en les jugeant inconstitutionnelles, puis en refusant de renoncer totalement aux armes, et enfin en se préparant à une bataille de type Karbala si l’ennemi déclenchait une nouvelle guerre. »
Il a ajouté : « Ces étapes ont contribué à façonner le climat politique au Liban, parallèlement au premier courant, qui est passé de la dénonciation de la résistance à la focalisation sur la question des armes, puis à la préparation de négociations et à leur mise en œuvre.»
Et M.Atrissi de conclure: « Aujourd’hui, il reste des incertitudes quant à l’année à venir, dans un contexte d’anticipation de scénarios potentiels, y compris la possibilité d’une guerre israélienne. Cependant, cette possibilité est jugée irréaliste car la décision américaine est sans appel, et il n’est pas dans leur intérêt de déclencher une nouvelle guerre au Liban, à Gaza, ni même contre l’Iran. »
En conclusion, si 2025 est bien l’année qui suit l’agression israélienne de grande ampleur, elle représente également une étape d’un processus complexe dont nous subissons encore les conséquences dans toute la région, et pas seulement au Liban. Le tableau final n’est pas encore tracé, et les semaines, les mois, voire les années à venir contribueront peut-être à le façonner. Nous espérons une résolution rapide pour sortir du cycle d’arrogance et d’injustice perpétré par l’axe du mal mené par les États-Unis, dont l’entité ennemie israélienne est le bras opérationnel dans cette région.






